LA FOLLE JOURNÉE OU LE MARIAGE DE FIGARO

avec Philippe Torreton
Durée : 1h50
Dès 14 ans
Beaumarchais, visionnaire indomptable, brosse le portrait mordant d’une société rongée par les privilèges. Figaro, valet rusé et insolent, rêve d’épouser Suzanne, mais son maître, le Comte Almaviva, veut exercer sur elle son « droit du seigneur ». La comtesse, humiliée par les infidélités de son époux, s’allie à Suzanne pour déjouer ses plans.
Derrière le vaudeville, l’auteur déploie une critique acerbe des rapports de domination sociale et de genre : qui possède qui ? Qui contrôle qui ?
Sous la direction engagée de Léna Bréban, ce classique retrouve une résonance sidérante. La metteuse en scène fait voler en éclats le quatrième mur : le public devient témoin, presque complice de cette joute où se mêlent désir, manipulation et insoumission.
Porté par Philippe Torreton en Figaro, chaque mot percute, chaque réplique fuse avec une énergie ravageuse. Entouré d’une troupe vibrante, il incarne la résistance jubilatoire face à un système d’oppression qui s’accroche.
Le Mariage de Figaro devient alors plus qu’une comédie : une lutte vivante, vibrante, essentielle.
Avec : Philippe Torreton, Marie Vialle, Éric Bougnon, Grétel Delattre, Salomé Dienis Meulien, Catherine Allégret, Jean-Jacques Moreau, Pascal Vannson, Antoine Prud’homme de La Boussinière, Jean Yves Roan.
Mise en scène: Léna Bréban
Assistante à la mise en scène : Ambre Reynaud
Scénographie: Emmanuelle Roy
Costumes: Alice Touvet
Lumières: Denis Koransky
Compositeur: Victor Belin
Perruque: Julie Poulain
Création sonore: Victor Belin et Raphael Aucler
PIERRE-AUGUSTIN CARON DE BEAUMARCHAIS
Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais, plus souvent désigné comme Beaumarchais, est écrivain, dramaturge, musicien et homme d’affaires. Son existence est tout entière marquée par l’empreinte du théâtre et, s’il est principalement connu pour son œuvre dramatique, en particulier la trilogie de Figaro, sa vie se mêle étrangement à ses œuvres.
C’est très jeune, en tant qu’horloger, qu’il pénètre à la Cour. En 1761, il obtient un brevet de secrétaire du roi et est anobli.
En 1767, il publie sa première pièce, Eugénie, drame social, puis en 1770 Les Deux Amis. Toutes deux sont des échecs. En 1768, il a épousé sa deuxième femme, une riche veuve, et exploite ses terres. Mais, à la suite de la mort de Pâris-Duverney, le financier qui l’avait initié aux affaires, un long procès oppose Beaumarchais au comte de La Blache. Celui-ci l’accuse de faux en sa faveur sur le testament de son ami.
À la suite d’un duel, Beaumarchais est incarcéré puis, en 1773, il perd son procès contre le comte de La Blache. Il écrit alors ses Mémoires, qui font rapidement scandale. Beaumarchais perd ses droits civiques mais gagne l’estime populaire.
En 1774, le roi fait de lui un agent secret, en Angleterre et en Autriche. Le 23 février, c’est la première du Barbier de Séville, à la Comédie-Française, et le premier grand succès. Il obtient du roi des subsides pour soutenir les Américains révoltés contre l’Angleterre et est réhabilité par le Parlement.
En 1777, il fonde la Société des auteurs dramatiques.
Créé en 1784 à la Comédie-Française, malgré l’opposition du roi, Le Mariage de Figaro est un triomphe et sera joué plus de cent fois de suite dès sa création.
Inquiété sous la Révolution française, quoique membre du Comité de salut public, il doit émigrer et ne rentre qu’en 1796, trois ans avant sa mort. Pourtant, sans doute mieux que tout autre auteur du siècle des Lumières, Beaumarchais a su mettre en scène les aspirations de la bourgeoisie montante. Son style mêle avec un brio particulier le drame et la comédie, la poésie et la langue parlée.
La trilogie de Figaro, son œuvre théâtrale qui l’a rendu célèbre, réunit :
Le Barbier de Séville, ou la Précaution inutile, comédie en quatre actes, 1775.La Folle Journée, ou le Mariage de Figaro, comédie en cinq actes, 1778.L’Autre Tartuffe, ou la Mère coupable, drame moral en cinq actes, 1792.
LÉNA BRÉBAN
Léna Bréban se forme au Conservatoire national supérieur d’art dramatique de Paris. Elle est dirigée par de nombreux metteurs en scène, parmi lesquels Alain Françon, Charles Tordjman, Catherine Anne, Jean-Louis Benoit, Ladislas Chollat ou encore Pascal Rambert.
En 2015, elle joue dans La Maison d’à côté de Sharr White, mise en scène par Philippe Adrien, performance pour laquelle elle est nommée au Molière de la comédienne dans un second rôle.
On la retrouve régulièrement dans des rôles au cinéma et à la télévision. En tant qu’autrice et metteuse en scène, elle monte et signe l’adaptation de Verte de Marie Desplechin, spectacle nommé au Molière du jeune public en 2019.
Durant le confinement du printemps 2020, elle conçoit Cabaret sous les balcons, spectacle qu’elle joue par la suite avec sa troupe sous les fenêtres des EHPAD de Saône-et-Loire, et qui lui vaut la mention spéciale « Initiative » du Prix de la Critique 2020-2021.
Depuis janvier 2020, Léna Bréban est membre du Vivier d’artistes constitué par Nicolas Royer à l’Espace des Arts, Scène nationale Chalon-sur-Saône, où elle joue et met en scène, fin janvier 2021, Renversante d’après Florence Hinckel, spectacle qu’elle a déjà joué plus de 500 fois. Elle a également adapté et mis en scène Sans famille d’Hector Malot à la Comédie-Française, repris au Théâtre du Vieux-Colombier.
En janvier 2022, elle crée Comme il vous plaira de William Shakespeare au Théâtre de la Pépinière à Paris. La pièce remporte quatre distinctions lors de la 33e Nuit des Molières 2022 (spectacle du théâtre privé, metteuse en scène, comédienne et comédienne dans un second rôle), ainsi que le Prix Laurent-Terzieff 2022 du Syndicat de la critique. La même année, elle reçoit le Prix Nouveau Talent Théâtre de la SACD.
Cette saison, en plus des reprises de ses spectacles, elle met en scène la comédie musicale inédite Peau d’homme, d’après l’œuvre d’Hubert et Zanzim, qu’elle adapte avec Ben Mazué pour le Théâtre Montparnasse.
PHILIPPE TORRETON
En 1987, Philippe Torreton entre au Conservatoire national supérieur d’art dramatique de Paris, où il suit les classes de Madeleine Marion, Catherine Hiegel et Daniel Mesguich. Il devient pensionnaire de la Comédie-Française en 1990, puis sociétaire de 1994 à 1999. Il y interprète notamment Scapin, Laërte, Tartuffe, ainsi qu’Arlequin dans La Double Inconstance et La Serva Amorosa de Goldoni, et joue des textes de Brecht, Sartre, Strindberg et Vinaver.
Après son départ du Français, il crée Henri V dans la Cour d’honneur du Festival d’Avignon en 1999.
Ces dernières années, il interprète notamment Cyrano de Bergerac d’Edmond Rostand, mis en scène par Dominique Pitoiset (Prix Beaumarchais 2013, Molière du meilleur comédien et Prix du Syndicat de la critique 2014), La Résistible Ascension d’Arturo Ui de Bertolt Brecht, également mise en scène par Dominique Pitoiset, Richard III de William Shakespeare, mis en scène par Philippe Calvario, Oncle Vania d’Anton Tchekhov, mis en scène par Claudia Stavisky, Un pied dans le crime d’Eugène Labiche, mis en scène par Jean-Louis Benoît, ainsi que Hamlet de William Shakespeare, mis en scène par Jean-Luc Revol. Il met également en scène Dom Juan de Molière au Théâtre Marigny en 2007.
En 2018, il collabore pour la première fois avec Arnaud Meunier pour la création de J’ai pris mon père sur mes épaules, commande d’écriture faite à Fabrice Melquiot, puis sur Tout mon amour de Laurent Mauvignier. Entre ces deux créations, il joue dans La Vie de Galilée de Bertolt Brecht, mis en scène par Claudia Stavisky.
En 2022, il crée au Théâtre des Bouffes du Nord à Paris, avec le comédien Vincent Garanger, le spectacle Lazzi de Fabrice Melquiot.
En 2024, il met en scène et interprète Le Funambule de Jean Genet, création à la MC2 Grenoble, puis à Paris au Théâtre de la Ville – Les Abbesses, avant une tournée.
Au cinéma, il a tourné dans plus d’une trentaine de films, notamment sous la direction de Bertrand Tavernier (Capitaine Conan, César du meilleur acteur 1997 ; Ça commence aujourd’hui, Prix Lumière du meilleur acteur 2000 et prix du meilleur acteur étranger en Espagne), Patrice Leconte, Antoine de Caunes, Jean-Daniel Verhaeghe, Volker Schlöndorff, Mathieu Kassovitz, Philippe Lioret, Michel Gondry, Malik Chibane, Laurent Heynemann et Olivier Assayas.
En 2010, il joue dans Présumé coupable de Vincent Garenq (nomination au César du meilleur acteur 2012, Prix d’interprétation au Festival d’Angoulême 2011, au Stony Brook Film Festival de New York 2012 et au Festival de Vologda 2012).
Dernièrement, il tourne dans Simone d’Olivier Dahan (2019), Les Bonnes Intentions de Gilles Legrand, Trois jours et une vie de Nicolas Boukhrief (2018), Gueules noires de Matthieu Turi (2022) et L’Affaire de l’esclave Furcy d’Abd Al Malik (2024).
À la télévision, il joue dans de nombreux téléfilms et séries, parmi lesquels Infidèle (saisons 1 et 2) de Didier Le Pêcheur et Didier Bivel, Mystère au Louvre de Léa Fazer, Flic tout simplement et La Traque d’Yves Rénier, Et la montagne fleurira d’Éléonore Faucher et Les Enfants des justes de Fabien Onteniente.
Il est l’auteur de plusieurs ouvrages, parmi lesquels Comme si c’était moi (Seuil), Le Petit Lexique amoureux du théâtre (Stock), Mémé (L’Iconoclaste, 2014), Cher François (2015), Thank You, Shakespeare (2016, Flammarion), Nous qui sommes devenus le mauvais temps (Le Cherche Midi), Jacques à la guerre (Plon, 2018), Une certaine raison de vivre (Robert Laffont, rentrée littéraire 2021), une Anthologie de la poésie française (Calmann-Lévy), Lettre à un jeune comédien (Tallandier, 2022). Son dernier ouvrage, Un cœur outragé, est paru aux éditions Calmann-Lévy en avril 2024.










