LIVRET DE SALLE | INCONNU À CETTE ADRESSE
Durée : 1h20
Dès 12 ans
D’après Inconnu à cette adresse paru aux Éditions Autrement
Adaptation: Michèle Lévy-Bram
Avec: Stéphane Guillon & Jean-Pierre Darroussin
Mise en scène : Jérémie Lippmann
Assistantes mise en scène : Sarah Gelle et Sarah Recht
Scénographie & lumières: Jean-Pascale Pracht
Vidéaste: Caroline Grastilleur
Costumes: Chouchane Abello-Tcherpachian
Habilleuse : Charlie Ferrari
Compositeur: David Parienty
JMD Production
INCONNU À CETTE ADRESSE
Publié pour la première fois en 1938 aux États-Unis, Inconnu à cette adresse est un court roman épistolaire signé Kathrine Kressmann Taylor. Derrière ce nom de plume se cache une autrice américaine née en 1903 à Portland, d’origine allemande, qui choisit d’écrire cette œuvre comme un cri d’alarme face à la montée du nazisme. Le texte met en scène la correspondance entre deux amis et associés : Max Eisenstein, Juif américain installé à San Francisco, et Martin Schulse, rentré vivre en Allemagne au début des années 1930.
À travers leurs lettres, c’est une amitié profonde qui se fissure au rythme des événements politiques. Peu à peu, Martin se laisse séduire par la propagande hitlérienne, tandis que Max, confronté à l’antisémitisme croissant, découvre la trahison et l’inhumanité d’un monde qui sombre dans la barbarie. La dernière lettre, marquée de la mention postale « Inconnu à cette adresse », clôt ce dialogue tragique en une formule d’une puissance bouleversante.
Œuvre brève, d’une intensité rare, Inconnu à cette adresse a connu un destin singulier : oubliée pendant plusieurs décennies, elle fut redécouverte dans les années 1990 et traduite en de nombreuses langues. Son actualité demeure saisissante. En moins de vingt pages, Kathrine Kressmann Taylor parvient à dire l’irréparable, à montrer comment une idéologie peut corrompre le cœur d’un homme et détruire l’amitié la plus sincère.
À la fois témoignage, avertissement et leçon d’humanité, ce texte est aujourd’hui considéré comme un chef-d’œuvre de la littérature engagée du XXe siècle, rappelant avec force que les mots, parfois, peuvent tuer — mais aussi, par leur lucidité, sauver la mémoire des hommes.
JÉRÉMIE LIPPMANN
Né en 1979, Jérémie Lippmann est une figure de la scène théâtrale et culturelle française. À la fois comédien et metteur en scène, il est aujourd’hui aux commandes d’une nouvelle adaptation sur les planches du roman épistolaire Inconnu à cette adresse. Formé au Cours Florent et au Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique, il obtient en 2015 un Molière pour son travail sur la pièce La Vénus à la fourrure. Jérémie Lippmann propose aujourd’hui une version poétique, intense et très actuelle de l’œuvre de Kressmann Taylor.
JEAN-PIERRE DARROUSSIN
Né en 1953, Jean-Pierre Darroussin est un acteur et comédien français. César du Meilleur acteur dans un second rôle en 1997 pour sa prestation dans le film Un air de famille de Cédric Klapisch et Molière du Meilleur comédien dans le théâtre privé en 2018 pour son rôle dans la pièce “Art” de Yasmina Reza, il s’est formé au Cours Florent puis au Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique. Il incarne aujourd’hui le personnage de Max Eisenstein, Juif américain confronté à la radicalisation de son ancien ami allemand Martin Schulse lors de la montée du nazisme. Puisant dans la complexité de ce personnage troublé par les événements, il en transmet toute la profondeur et l’émotion.
STÉPHANE GUILLON
Né en 1963, Stéphane Guillon est une personnalité polyvalente du domaine culturel français. Tour à tour acteur, comédien, chroniqueur et humoriste, il obtient notamment la distinction de Meilleur one-man show lors de la cérémonie des Globes de Cristal en 2012. Rompu à l’exercice, il a en effet déjà interprété plusieurs fois la pièce Inconnu à cette adresse. Dans la mise en scène de Jérémie Lippmann, il incarne Martin Schulse, allemand confronté à l’idéologie nazie croissante dans son pays. Adhérant à cette pensée, il bascule de plus en plus dans le nazisme, provoquant une rupture avec son ami Max Eisenstein. Personnage en recherche d’identité, Martin Schulse est un homme fragilisé par de nombreux questionnements. Stéphane Guillon en livre une interprétation nuancée propre à matérialiser cette profondeur.