LIVRET DE SALLE | DOM JUAN
Tigran Mekhitarian
Durée : 1h30
Dès 13 ans
Distribution: Tigran Mekhitarian, Soulaymane Rkiba, Marie Mahé, Etienne Paliniewicz
Direction artistique : La Compagnie de l’lllustre Théâtre
Lumières: Denis Koransky
Scénographie : Georges Vauraz
Costumes : Steven Dagrel
DOM JUAN ET MOLIÈRE
Créée en 1665, Dom Juan ou le Festin de pierre est l’une des œuvres les plus singulières et les plus sulfureuses de Molière. Elle s’inspire d’un mythe européen déjà célèbre au XVIIᵉ siècle : celui du grand séducteur qui défie les lois humaines et divines jusqu’à en être puni. Mais sous la plume de Molière, ce mythe prend une tout autre dimension.
À travers Dom Juan, Molière invente un personnage d’une modernité saisissante : un homme qui revendique sa liberté absolue, refuse les conventions sociales, moque la religion et s’affranchit de toute morale. Séducteur cynique, esprit fort et libertin, il est aussi le miroir d’une société où l’hypocrisie triomphe souvent sur la sincérité. Ce faisant, Molière questionne déjà les fondements du pouvoir, de la foi et de la vérité — des thèmes d’une étonnante actualité.
La pièce, en cinq actes, se présente comme une succession de confrontations : entre Dom Juan et ses conquêtes, entre le maître et son valet Sganarelle, entre la liberté de l’individu et la morale du monde. Sous la légèreté apparente de la comédie se cache une profonde méditation sur le sens de la vie, la peur du châtiment et la solitude de l’homme face à ses choix.
Lorsque la pièce est créée au Palais-Royal, elle fait scandale. L’audace du propos, les attaques implicites contre la religion et la noblesse provoquent la colère des dévots et des censeurs. Dom Juan est rapidement retirée de l’affiche, et Molière doit même renoncer à la publier de son vivant. Il faudra attendre 1682, neuf ans après sa mort, pour que le texte complet soit enfin imprimé.
Mais c’est précisément ce scandale qui fait la force de l’œuvre. En refusant de juger son héros, Molière laisse au spectateur la liberté de le comprendre, de l’admirer ou de le condamner. Il ne prêche pas, il interroge. Dom Juan devient ainsi une pièce sur la tension entre la foi et le doute, la liberté et la faute, la passion et la raison.
Aujourd’hui encore, cette œuvre fascine par sa vitalité, son ironie et la justesse de son observation du monde. Molière y déploie un art du dialogue et du rythme qui en fait un chef-d’œuvre théâtral, capable de parler aussi bien au public du XVIIᵉ siècle qu’à celui d’aujourd’hui. Dom Juan n’est pas seulement une comédie sur le libertinage : c’est un questionnement universel sur la condition humaine, sur ce qu’il en coûte de vouloir vivre sans contraintes ni repentir.
TIGRAN MEKHITARIAN
Tigran suit sept années de cours d’art dramatique au Conservatoire municipal de Menton, puis trois années au Cours Florent. Il intègre en 2016 l’ESCA. En parallèle, il travaille au Théâtre national de la Colline avec Jean-François Sivadier, Valérie Dréville, Nicolas Bouchaud, Chloé Réjon et Stéphane Braunschweig.
Il interprète le rôle de Sganarelle dans Dom Juan de Molière, mis en scène par Anne Coutureau au Théâtre de la Tempête. Il intègre le dispositif « 1er Acte », mis en place par le Théâtre de la Colline, et travaille une année aux côtés d’Élie Chouraqui.
Il joue dans le long-métrage L’Origine de la violence et met en scène en 2016 Les Fourberies de Scapin. En 2017-2018, il joue dans Djihâd, écrit et mis en scène par Ismaël Saidi. En 2018, il joue également dans La Vie devant soi, adaptation du roman de Romain Gary, qui tourne dans plusieurs CDN de France.
Plus récemment, Tigran a présenté sa nouvelle création aux Bouffes du Nord : une adaptation, une nouvelle fois, de Molière, sa dernière œuvre, Le Malade imaginaire. Il sera également à l’affiche du film événement de la rentrée : Mr Aznavour.
MARIE MAHÉ
Marie Mahé intègre l’École supérieure d’art dramatique de Paris (ESAD) en 2017, après des études en histoire de l’art. Elle y est notamment dirigée par Cédric Gourmelon, Émilie Rousset, Igor Mendjisky, Serge Tranvouez et Kaori Ito. À sa sortie en 2020, elle écrit son premier court-métrage Sur le Coran et devient lauréate des Talents en Court au Jamel Comedy Club. Elle joue ensuite dans Dom Juan de Molière, mis en scène par Tigran Mekhitarian, actuellement en tournée. La même année, elle fonde la compagnie DTM 9.4, met en scène et joue dans son premier spectacle ADN d’après Dennis Kelly, présenté notamment au Théâtre de la Tempête et au Théâtre Paris-Villette en 2023.
En 2021, elle devient finaliste du concours de seul en scène Les Planches de l’ICART avec un texte qu’elle écrit et interprète, intitulé Bataclan. En parallèle, elle écrit et met en scène son deuxième spectacle VIRIL(E.S), qui interroge les notions de féminité et de masculinité à travers le prisme de cinq femmes, et remporte le Prix Théâtre 13 / Jeunes metteur·euses en scène. Le spectacle s’est joué au Théâtre 11 lors du Festival d’Avignon 2023 et est actuellement en tournée. En 2023, elle travaille aux côtés de Sébastien Kheroufi et participe, dans le cadre du Moviment au Centre Pompidou, à la performance Ce qui est déjà là. Elle intègre également le dispositif Création en cours aux Ateliers Médicis, dans lequel elle amorce un travail autour de Cyrano de Bergerac d’Edmond Rostand tout en commençant l’écriture de sa prochaine pièce. Aujourd’hui, elle est artiste associée au Théâtre de l’Onde à Vélizy et prépare deux nouvelles créations.
ETIENNE PALINIEWICZ
Étienne grandit en Martinique puis passe son adolescence à Nancy. Il découvre très jeune le basket-ball, qu’il pratique à haut niveau en parallèle de ses études. Cependant, une autre passion l’anime : le théâtre. C’est lors d’un atelier au lycée qu’il décide d’en faire son métier.
Il rejoint Paris en 2012 et intègre le Cours Florent, où il suit les enseignements de Marc Voisin, Jérôme Dupleix, François-Xavier Hoffman et Anne Suarez, tout en se passionnant pour l’improvisation dirigée par David Garel.
Après quatre années de formation, il joue dans plusieurs courts-métrages et clips vidéo, et interprète le rôle d’Argante dans Les Fourberies de Scapin ainsi que celui de Maître Jacques dans L’Avare de Molière, mis en scène par Tigran Mekhitarian.
En 2024, toujours aux côtés de Tigran Mekhitarian, il fait partie de l’équipe de création du Malade imaginaire au Théâtre des Bouffes du Nord à Paris et intègre la troupe de Dom Juan durant tout le Festival d’Avignon 2024.
SOULAYMANE RKIBA
Soulaymane Rkiba est un jeune comédien formé au Cours Florent et au Conservatoire du 14ᵉ arrondissement de Paris. Il fait partie de l’association 1000 Visages, et c’est grâce à la prépa dirigée par Karim Ben Haddou et Houda Benyamina qu’il intègre en 2018 l’École supérieure de comédien par l’alternance (ESCA).
La même année, il devient Talent Adami Cannes et joue dans un court-métrage réalisé par Sabrina Ouazani. Il apparaît également dans plusieurs courts-métrages, films et séries, notamment dans la série Validé sur Canal+, avant de faire ses premiers pas au théâtre dans Tigrane de Jalie Barcilon au Lucernaire.
Il part ensuite en tournée avec L’Avare, mis en scène par Tigran Mekhitarian au Théâtre de la Tempête, puis avec Beaucoup de bruit pour rien, mis en scène par Maïa Sandoz au Théâtre de la Cité à Toulouse. Il participera d’ailleurs à la prochaine création de Maïa Sandoz.
Depuis le Festival d’Avignon 2024, il incarne Sganarelle dans Dom Juan, mis en scène par Tigran Mekhitarian.