ODYSSEY – CHORÉGRAPHE : HERVÉ KOUBI

 

Le Forum Estérel Côte d’Azur à Fréjus – Salle Gounod (850 places)

Durée : 1h

 

DISTRIBUTION:

 

Chorégraphie Hervé Koubi
Assistants chorégraphiques Guillaume Gabriel, Fayçal Hamlat
Conseillère artistique Bérangère Alfort
Création musicale Natacha Atlas, Samy Bishaï, Imed Alibi
Interprétation musicale Natacha Atlas, Emma Welton, Imed Alibi
Danseurs Kobi Elahrar, Abdelghani Ferradji, Pasquale Fortunato, Vladimir Gruev, Oualid Guennoun, Lhastsun Le, Manon Manfrici, Nadjib Meherhera,  Angèle Methangkool-Robert, Mourad Messaoud, Houssni Mijem, Ismail Oubbajaddi, Noa Saada, El Hossaini Zahid
Création lumière Lionel Buzonie
Scénographie Lionel Buzonie, Didier Flamen, Guillaume Gabriel
Costumes Guillaume Gabriel

ODYSSEY :

 

 

APRÈS LE SUCCÈS « LES NUITS BARBARES » ET « CE QUE LE JOUR DOIT À LA NUIT », HERVÉ KOUBI EXPLORE DE NOUVEAU TOUTES LES RICHESSES DE LA CULTURE MÉDITERRANÉENNE, AVEC CETTE FOIS-CI LE PRISME D’UNE FIGURE FÉMININE, INCARNÉE PAR NATACHA ATLAS.

Point d’orgue, point de suspension de ce voyage avec le Maghreb, après Ce que le jour doit à la nuit et Les nuits barbares ou les premiers matins du monde, Hervé Koubi signe ici un ballet blanc.
Cette nouvelle épopée dansée d’Hervé Koubi, se veut résolument méditerranéenne. Accompagnée par Samy Bishai à la composition, Natacha Atlas, grande dame de la chanson arabe, tout aussi connaisseuse des airs les plus classiques qu’héroïne dumétissage électro-pop a rencontré Hervé Koubi en 2015 et depuis le lien ne s’est jamais relâché.
Elle qui fut un temps danseuse orientale, apporte ici, avec Samy Bishai au violon, et Imed Alibi aux percussions, sa voix incroyable à une pièce placée sous le signe duféminin.
Au plateau, Hervé Koubi a réuni quatorze danseuses et danseurs qui viennentde tout le pourtour méditerranéen.ODYSSEY on l’aura compris, s’éloigne du récit d’Homère mais garde cette mercomme socle, et la femme comme figure héroïque.

Cette grande vague chorégraphique, puissante et sensuelle, ne se pare plusdes combats épiques comme au temps d’Ulysse, mais révèle les liens culturels, les migrations,et les tumultes d’une mer qui relie et charrie les vies.

 

HERVÉ KOUBI :

 

Calais : la compagnie de danse Hervé Koubi en stage dans les quartiers prioritaires - La Voix du Nord

 

D’origine algérienne, Docteur en Pharmacie / Pharmacien biologiste Hervé Koubi a mené de front sa carrière de danseur – chorégraphe et d’étudiant à la Faculté d’Aix Marseille. Formé au Centre International de Danse Rosella Hightower de Cannes, puis à l’Opéra de Marseille, il a travaillé avec Jean-Charles Gil, Jean-Christophe Paré, Emilio Calcagno et Barbara Sarreau (dans le cadres des affluents du Ballet Preljocaj). En
1999 il intègre le Centre Chorégraphique National de Nantes. Il travaillera par la suite avec Karine Saporta au Centre Chorégraphique National de Caen et Thierry Smits Compagnie Thor à Bruxelles.
En 2000 Hervé Koubi crée son premier projet Le Golem. Depuis il collabore avec Guillaume Gabriel sur l’ensemble de ses créations. Il crée Ménagerie (2002) et Les abattoirs, fantaisie… (2004). En 2006 il collabore avec la musicienne Laetitia Sheriff pour la création 4’30’’. En 2007 il retravaille un déambulatoire créé sur la Croisette de Cannes en 1997 Les Heures Florissantes et créé la même année un essai mêlant écriture
contemporaine et gestuelle Hip-Hop Moon Dogs. En 2008 il entreprend trois essais chorégraphiques autour des trois écritures : Coppélia, une fiancée aux yeux d’émail… / Les Suprêmes / Bref séjour chez les vivants. Il collaborera pour ces pièces avec l’écrivain Chantal Thomas (pour la création Les Suprêmes) et avec le notateur Romain Panassié (notation Benesh – sur la création Bref séjour chez les vivants). En 2009 c’est avec la
Compagnie Beliga Kopé de Côte d’Ivoire qu’il collabore pour Un rendez-vous en Afrique.

Il s’associe également avec des vidéastes pour des projets de vidéo danse, Max Vadukul pour Yoji Yamamoto pour le Chic Chef en 2009, Pierre Magnol pour Bodyconcrete en 2010 et Ovoid Edges en 2012, Pierre Magnol et Michel Guimbard pour Bodyconcrete 2 en 2011. Depuis 2010 il puise ses inspirations dans la grande histoire du bassin Mediterranéen et propose un parcours jalonné de plusieurs créations El Din ( 2010-2011), Ce que
le jour doit à la nuit (2013), Le rêve de Léa (2014), Des hommes qui dansent (2014), Les nuits barbares ou les premiers matins du monde (2015-2016), SYLPHIDES (2018) Boys don’t cry (2018) et ODYSSEY (2019/2020).
Il a été décoré en juillet 2015 de l’ordre de Chevalier des Arts et des Lettres par Brigitte Lefèvre.

 

NATACHA ATLAS :

 

Tournefeuille. Natacha Atlas à l'Escale - ladepeche.fr

 

Natacha Atlas est une artiste de renommée internationale elle est l’une des voix les plus remarquables au monde. Reconnue depuis longtemps pour avoir synthétisé les traditions vocales occidentales
et du Moyen-Orient avec une dextérité époustouflante, la dernière oeuvre de Natacha repousse encore plus loin ses frontières vocales et musicales en intégrant sans effort les traditions de jazz dans son mélange déjà unique.Il n’est donc pas surprenant que l’oeuvre de Natacha Atlas soit aussi riche que diversifiée. Par le passé, elle a travaillé avec Peter Gabriel, Nitin Sawhney, Nigel Kennedy, Indigo Girls, Jean-Michel Jarre et Ibrahim Maalouf, pour n’en nommer que quelques-uns. Par ailleurs, elle collaborait récemment avec Omar Sosa et Paolo Fresu, tout en co-composant (avec le compositeur et violoniste Samy Bishai) la musique de la pièce de
danse contemporaine ODYSSEY du chorégraphe Hervé Koubi. Au fil des ans, le talent exceptionnel de Natacha Atlas a été maintes fois reconnu par ses pairs avec de nombreuses récompenses dont une Victoire de la musique, et des invitations à se produire lors d’événements majeurs tels que le concert du millénaire aux pyramides d’Egypte en 2000 avec Jean-Michel Jarre. Elle figure également sur de nombreuses musiques de films dont plusieurs blockbusters hollywoodiens, Sex & the City 2, The Hulk, Kingdom of Heaven, Brick Lane and Sahara.

 

SAMY BISHAI :

 

Samy Bishai | Discographie | Discogs

 

Ayant grandi en Égypte, Samy Bishai a étudié le violon classique sous la direction de Lisette Meguerditchian (Directrice, Conservatoire de musique d’Alexandrie) et de G.I. Beridze (Dir., Opéra du Caire).Dès son plus jeune âge, il a développé une passion pour le jazz, ce qui l’a conduit à développer ses compétences en matière d’improvisation parallèlement à sa formation plus traditionnelle au Conservatoire. Samy Bishai a déménagé à Londres en 1999, il a alors entrepris des études de jazz et d’improvisation non classiques. Simultanément, il a collaboré avec de nombreux artistes aux styles musicaux variés : classique contemporain, jazz, arabe, électroacoustique, flamenco, rock, pop, hip-hop, electronica, métal, ouest africain, salsa, etc. Il a de ce fait développé l’improvisation de manière inhabituelle en s’appuyant autant sur l’exigence technique de sa formation que sur l’étendue de ses centres intérêts.

La performance virtuose, cependant, n’est que l’une de ses compétences. Une fascination précoce pour la disposition des cordes le mène inévitablement à l’orchestration et la composition, le tout colorée par une palette stylistique en constante évolution. Son vif intérêt pour la technologie et à sa relation avec la production musicale, ont fait qu’il s’est lancé dans un parcours parallèle non conventionnel de conception sonore, de programmation, d’ingénierie, de mixage et de production. Samy Bishai a aujourd’hui une carrière riche et variée. Il a joué, écrit et enregistré dans plus de 40 pays à travers le monde avec de nombreux artistes, dont Natacha Atlas; Shakira; Didier Lockwood; Sidi Larbi Cherkaoui; Nitin Sawhney; Tom Jones; Brian Eno; Gwen Stefani; Julian Joseph; English National Opera; Corinne Bailey Rae; Omar Sosa; Asian Dub Foundation; Sous-sol Jaxx; Seckou Keita; Terry Hall; et le métro souterrain.

 

BÉRENGERE ALFORT
Conseillère artistique de la compagnie Hervé Koubi

 

«Amour, mon bel impossible… Telle est l’essence brûlante du romantisme, depuis ses débuts chorégraphiques et littéraires au XIXème siècle. Hervé Koubi ne s’y est pas trompé. Epaulé par son équipe, qui fonctionne comme une armée de terre et d’air à la fois, masculine et féminine, que ce soit pour les lumières, la scénographie, les costumes ou, bien sûr, la danse, sans parler de la musique de Natacha Atlas, l’artiste avance, construit
en déconstruisant son – notre – passé.  Au commencement, les ténèbres. Brisées par la lumière. Genèse qui annonce déjà une dramaturgie qui vire au cauchemar tragique. Un tout petit son, la voix cristalline
de Natacha Atlas, qui, à l’instar des orchestrations de Ravel, précède la montée en puissance. Or… ne s’agira-t-il pas d’un aveu d’impuissance, in fine ? Celle d’accomplir l’amour. Ici, tandis que les corps se déploient, que les hommes s’adonnent à des figures de proue évoquant à l’envi paons face aux femmes, depuis la magicienne Circé, la princesse Nausicaa, les dangereuses Sirènes, la nymphe Calypso, jusqu’à Pénélope, celle qui attend son heure au coeur de l’épreuve du voyage d’Ulysse, l’Esprit de Dieu plane au-dessus des eaux. Et nous naviguons en eaux troubles. La présence de Natacha Atlas ne se défera pas de ce subtil vent sonore fragile et brut, malgré la puissance qui vient l’accompagner dans la composition musicale. Nous sommes poussière, et y retournerons. Les danseuses flottent, brillent par leur absence de réponse univoque aux danseurs. Là réside leur salut, mais qui passe par leur perte. Car, si les corps masculins et féminins se rencontrent, ils ne se touchent que des yeux. Tel n’est pas le moindre legs du Ballet des Nonnes, première partition chorégraphique de Filippo Taglioni, à notre artiste. Celui qui imagina ensuite La sylphide pour sa fille Marie, provocatrice et créatrice de tous les dangers, apparaît dans les envolées, lyriques évidemment, du corps du ballet d’Hervé Koubi, mais d’envols qui mènent à la blessure. Loin de quelque échange de liquides, qui mènerait la chair à l’orgasme, les interprètes ne partagent que le regard, qui bientôt cède place à l’habitation solipsiste de l’espace – un espace baigné de vent et de voiles blancs qui sont autant langes d’une nouvelle vie enfantine que… arrêt de mort dans et par le désir. Comment ne pas se souvenir ici que La sylphide, en 1832 à l’Opéra de Paris, alors
situé rue Le Peletier, meurt d’être enlacée par James, promis à Effie, sa fiancée terrestre ? La sylphide a beau jeu de le provoquer, à coups de pointes, de corset serré, d’une hypersexualité troublante par son inaccessibilité, de ses dons divins d’être invisible aux yeux d’Effie, sa rivale, en particulier dans le Pas de Trois où la paysanne ne voit que du feu, ne voit pas celle qui habite les pensées de son aimé, elle perdra et se perdra au jeu. Apparitions durant tout le ballet blanc qui sont des disparitions quasi instantanées, son pouvoir est à la fois mystique et négatif. Incandescence

 

Et l’oeuvre que signe Hervé Koubi avec Odyssey s’inscrit bien dans cet élan vital qui masque mal le manque – celui de pouvoir « faire l’amour ». Pourtant, les soli de garçons enveloppent l’air de mouvements fluides et entraînants, de ceux que l’on avait pu apprécier dans Ce que le jour doit à la nuit ; pourtant, les filles se meuvent gracieusement, non sans rappeler le travail poétique des Sylphides de notre chorégraphe, auprès de femmes dans le désert… Mais chacun, pour soi, court à sa perte. Les jeunes hommes tentent sans succès de retenir la femme (mais laquelle ? Pénélope, Nausicaa, Calypso, une Sirène, Circé ? Ou toutes à la fois ?), elle leur échappe. La consommation extatique du désir éveillé en eux par la présence- absence- des femmes passera par la mort. Pas par l’enlacement, ce bel impossible d’un voile que l’on ne parvient pas à attacher à celle que l’on voudrait, avec qui l’on aimerait « faire sa vie ». Elle marche, ondule, persiste à fuir – et les voici perdus. Or, il ne s’agit ni d’arrêt cardiaque, ni de mort cérébrale. Ce décès est symbolique. Il est celui, plus sournois, de l’impuissance à s’accoupler, à donner la vie. Mais, qu’on le veuille ou non, n’est-ce pas là l’essence du fantasme ? Odyssey porte ainsi à incandescence le ballet blanc, le modernisant d’une pointe d’arabisante ivresse, qui n’a pas froid aux yeux de chauffer les hommes à blanc avant de les laisser « en plan ». Il s’agit donc d’une ode à la femme, à travers le peu qu’elles donnent en puissance apparente dans le jeu démonstratif. Qui perd gagne. Car, même si les femmes s’effacent dans les ténèbres qui surgissent de nouveau à la fin du ballet, tout comme les hommes, beaucoup moins traversés, d’ailleurs, des gestes telluriques qui tramaient la narration des Nuits barbares ou les premiers matins du monde, ce sont d’elles que l’on retient le sanglot, qui nous étouffait dès les premiers accords musicaux. Yasmina Khadra nous a dit un jour que « la femme est une euphorie pour ceux qui la méritent. » Alors, ici, en cette odyssée tragique, les danseurs peuvent-ils être autre chose que ces princes déchus, rongés par la culpabilité de qui donne la mort en prenant trop à la légère l’Autre, cette terre d’accueil qu’est la féminité ? Impatients, fougueux, avides, pressés, infidèles ou volages ? Qu’importe. Les James, les Albrecht, les Siegfried de notre patrimoine allant de La sylphide au Lac des cygnes, en passant par Giselle, n’ont jamais su – pu – être à la hauteur de celles qui leur ont donné la vie et par qui ils la transmettent. Ils poussent vers l’abîme les femmes, ils les conduisent à se brûler les ailes. Guerre des sexes initiée par leur part maudite, c’est ce combat amoureux que transcrit le ballet d’Hervé Koubi. Amour, mon bel impossible… L’essence du romantisme est Incandescence.»

 

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