LE BRUIT DES LOUPS

Théâtre Le Forum
Salle Gounod

Mercredi 22 septembre 2021, 20h30
Durée 1h10 environ

 

 

Le Bruit des loups
Étienne Saglio
Cie Monstre(s)

Création et interprétation
Étienne Saglio

Avec
Murielle Martinelli
Guillaume Delaunay
Émile
Nairobi

Dramaturgie et regard extérieur
Valentine Losseau

Regard extérieur
Raphaël Navarro

Scénographie
Benjamin Gabrié

Musique
Madeleine Cazenave

Lumière
Alexandre Dujardin

Son
Thomas Watteau

Construction et régie plateau
Simon Maurice

Régie générale et régie plateau
Yohann Nayet

Régie plateau
Lucie Gautier

Régie vidéo
Camille Cotineau

Régie informatique
Thibaut Champagne

Jeu d’acteur
Albin Warette

Costumes
Anna Le Reun

Coachs animalier
Félix et Pascal Tréguy

Direction de production, administration et diffusion
AY-ROOP


Il était une fois…
Un homme. Dans son appartement, sa vie est nette, impeccablement domestiquée. Il ne voit pas plus loin que le bout de son nez, mais voilà qu’une souris pointe le sien, s’immisçant dans ce quotidien bien huilé où bientôt tout bascule. Une plante d’appartement tombée de son pot refuse d’y retourner et sur scène, un monde (sur)naturel fait irruption : la végétation métamorphose l’espace, le salon prend peu à peu des airs de sous-bois. L’homme laisse derrière lui l’adulte qu’il était pour pénétrer dans une forêt enchantée : celle du rêve et de l’enfance, celle d’un conte de fée raconté par un drôle de renard, peuplé d’un géant débonnaire, d’animaux animés et d’arbres immenses dont les ombres règnent sur l’imaginaire.

Reboiser notre imaginaire
Inspiré par les recherches menées par la biologiste Anne-Caroline Prévot et la philosophe Cynthia Fleury sur les liens entre le déficit d’expérience de nature et l’appauvrissement des imaginaires, Étienne Saglio invente un conte sensoriel et poétique qui interroge notre relation à la nature. Est-elle toujours présente dans nos vies, dans celles de nos enfants ? Figure-t-elle dans leurs livres, dans leurs dessins animés ? Pourront-ils bientôt encore se baigner dans la rivière et construire des cabanes en forêt ? Le petit garçon qu’il a été a joué dans les bois avant de devenir papa. « (…) Ayant maintenant des enfants à qui je raconte des histoires, je suis impressionné de la place des animaux et des contes dans la construction de leurs imaginaires. Je me demande que sont devenues nos forêts sombres ? Nos loups sont-ils mieux cachés pour moins les croiser ? Un géant veille-t-il toujours sur nous quelque part ? » Cette fable invite à ouvrir grand les yeux sur le réel et à « tendre l’oreille au Bruit des Loups qui résonne en nous comme une pensée sauvage. » (Étienne Saglio)

Un conte magique
Et si l’enchantement nous permettait d’être au monde autrement ? Étienne Saglio nous convie à un voyage au clair de lune, dans une forêt envoûtante habitée par un bestiaire fantastique. À la manière d’Alice au Pays des Merveilles, le héros traverse le miroir et, se jouant du temps et de l’espace, retombe en enfance pour atterrir dans un monde parallèle aux échelles bouleversées. On y rencontre les figures classiques du conte : un géant, un loup, un cerf mystérieux et le drolatique narrateur, un renard plus vrai que nature. Ces animaux l’accompagnent dans son cheminement intérieur, de la vie domestique à la forêt sauvage. Entre réalisme magique, illusions et manipulations d’objets, Le Bruit des Loups fait tanguer nos repères et trouble nos perceptions pour fertiliser nos imaginaires. Une invitation à réenchanter notre rapport au vivant.

 


NOTE D’INTENTION

J’ai passé beaucoup de temps dans mon enfance à me balader dans les bois, à y faire des cabanes et à guetter des animaux. La nature me semblait bienveillante et pleine d’émerveillement. En vieillissant, j’ai l’impression d’avoir perdu ce rapport à la nature qui semble plus hostile à ma présence. Je suis allergique aux graminées, à certains pollens… je me méfie de la nature. Est-ce une forme de désillusion ?
De plus, ayant maintenant des enfants à qui je raconte des histoires, je suis impressionné de la place des animaux et des contes dans la construction de leurs imaginaires. Je me demande que deviennent nos forêts sombres ? Nos loups sont-ils mieux cachés pour moins les croiser ? Un géant veille-t-il toujours sur nous quelque part ? Pourrons-nous un jour retourner dans nos forêts ? J’ai envie de parler du rapport à la nature dans le temps.
Je veux puiser visuellement autant dans l’univers des contes classiques à la Grimm que dans la folie d’Alice au Pays des merveilles.
Je veux perdre les spectateurs dans les espaces de narration, l’écriture magique sera associée à des interprètes extraordinaires (un rat, un renard, un enfant, un géant…) et à une scénographie évolutive (une forêt qui se développe jusque dans la salle).
ÉTIENNE SAGLIO — MAI 2017

 

 

« Si la nature quitte nos imaginaires, elle quitte nos vies. » Étienne Saglio

 

Étienne Saglio

Magicien, jongleur autodidacte et comédien, Étienne Saglio est une référence de la magie nouvelle, mouvement né dans les années 2000 qui utilise l’émotion magique pour questionner notre appréhension du réel. Originaire de Bretagne, il se forme au Lido de Toulouse puis au Centre national des Arts du Cirque de Châlons-en-Champagne avant de fonder sa compagnie Monstre(s). À partir de 2009, il crée des spectacles (Le soir des monstres – 2009, Variations pour piano et polystyrène – 2009, Les Limbes – 2014), des installations plastiques et magiques (Le Silence du monde – 2011, Projet Fantôme – 2015) et des projets transversaux (Repas magique avec le chef Alexandre Gauthier – 2012). Étienne Saglio participe également à Nous, rêveurs définitifs – 2016, cabaret illusionniste collectif créé en complicité avec la compagnie 14:20 et Yann Frisch. Il est aujourd’hui auteur associé au Théâtre du Rond-Point à Paris.

 

 

ENTRETIEN AVEC ÉTIENNE SAGLIO

Un homme quitte un espace clos pour redevenir un enfant perdu dans la forêt… C’est un conte ? Un rêve ? Une fable ?
Ce spectacle est une forme de conte. Une quête initiatique pleine de symboles et d’épreuves. Comme toujours dans mon travail, je mélange des choses très personnelles à des mythes qui peuplent l’imaginaire collectif… Les forêts qui nous peuplent…

La forêt du Bruit des Loups a-t-elle une couleur, une odeur particulière ? Où sommes-nous ?
Cette forêt est double. Il y a la forêt de jour, et la forêt de nuit. Elle sent l’humidité et elle est habitée de sons. Ces sons qui racontent tout ce qu’on ne voit pas. Les animaux, les esprits et notre imaginaire qui se cachent derrière chaque arbre…

La forêt est un endroit où on se perd, où on se cache, où on complote, où on fuit… Qu’y faites-vous ?
La forêt est souvent un lieu de repli stratégique, un endroit où l’on fuit pour préparer la contre-attaque. Je vous invite à lire Être forêts de Jean-Baptiste Vidalou… Le personnage – et sans doute moi ! – ressent le besoin de retrouver des odeurs, des saveurs, des bruissements. Il se sent devenir myope à force de faire la mise au point de son regard sur un écran à LED à 30 cm de son nez. Cette forêt ne l’avait pas quitté et se rappelle à lui. Elle est là.

Un spectacle de votre compagnie se construit en deux ou trois ans, est-ce le temps nécessaire de l’élaboration et de la construction des illusions ?
J’ai effectivement trois bonnes années de gestation pour un spectacle comme celui-ci. C’est le temps de se laisser habiter par le sujet qui vient peupler mes nuits, mes lectures et coloniser mon imaginaire, et puis c’est le temps de réalisation pour créer des nouvelles illusions, créer une équipe avec les bonnes compétences. Le temps ne respecte pas ce qui a été fait sans lui !

Que verrons-nous cette fois-ci, dans Le Bruit des Loups que nous n’avons jamais vu ?
Il n’y aura que des choses que vous n’avez jamais vues mais que vous aurez l’impression de connaître depuis toujours ! Un enfant et un loup. Un géant mélancolique. Une plante verte qui sort de son pot pour retourner en forêt. Un renard futé qui nous raconte des histoires…

La magie, à quoi ça sert ?
La magie sert à habiter pleinement le réel. Elle donne la saveur aux choses qui nous entourent. Elle compose notre rapport au monde extérieur et nous rappelle que le monde existe dans notre interprétation subjective…

PROPOS RECUEILLIS PAR PIERRE NOTTE POUR LE THÉÂTRE DU ROND POINT

 

 

 

Production Monstre(s)
Coproduction Théâtre du Rond-Point Paris, Théâtre National de Bretagne Rennes, Théâtre de la Cité CDN de Toulouse Occitanie, Les Théâtres Aix-Marseille, Le Grand T Théâtre de Loire Atlantique Nantes, Les Quinconces – L’Espal scène nationale du Mans, La Maison/Nevers scène conventionnée Arts en territoire en préfiguration, MARS – Mons arts de la scène (Belgique), La Faïencerie scène conventionnée de Creil, Le Channel scène nationale de Calais, Centre culturel Jacques Duhamel Vitré, Le Carré scène nationale et centre d’art contemporain du pays de Château-Gontier, AY-ROOP scène de territoire pour les arts du cirque Rennes, Le Sablier pôle des arts de la marionnette en Normandie Ifs, L’Hectare scène conventionnée de Vendôme, Le Manège scène nationale de Maubeuge, Le Grand R scène nationale de La Roche-sur-Yon, La Coursive scène nationale de La Rochelle, Le Maillon Théâtre de Strasbourg – scène européenne, La Comédie de Genève, Bonlieu Scène Nationale d’Annecy.

Aides et soutiens Ministère de la Culture – DGCA, DRAC Bretagne / Conseil Régional de Bretagne / Ville de
Rennes.

Étienne Saglio est auteur associé au Théâtre du Rond-Point.

Monstre(s) bénéficie du soutien de la Fondation BNP Paribas pour le développement de ses projets.

Crédit photo :
Prisma Laval